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Cela fait plus de 15 ans que Voiture & co, association qui fait partie du Groupe SOS, agit au quotidien afin de favoriser une mobilité autonome et responsable auprès des personnes les plus fragiles. La mobilité est très importante puisque symbole de liberté et d’accès à un emploi ou à une formation : aujourd’hui, elle est devenue le 1er frein au retour à l’emploi, devant la formation, la santé et le logement. Chaque année, ce sont plus de 10 000 personnes qui sont accueillies sur nos plateformes de mobilité et qui sont accompagnées grâce à nos solutions adaptées. Au nombre de quinze, nos plateformes sont établies sur l’ensemble du territoire français et notamment dans les zones urbaines, périurbaines et rurales.

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Copyright GLADIEU STEPHAN / TOTAL

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Nous le constatons depuis déjà plusieurs années, l’empêchement de mobilité est un véritable frein pour l’inclusion sociale ! Grâce à notre expérience sur le terrain ainsi qu’aux recommandations de l’étude « Mobilité, insertion et accès à l’emploi » (réalisée par le bureau d’études Auxilia), nous pouvons aujourd’hui diagnostiquer que plus de 7 millions de personnes en France, soit 20% de la population active ont des difficultés liées à la mobilité.

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Il existe plusieurs solutions mais malheureusement, celles-ci sont, pour la plupart, peu connues. Cette problématique d’insertion par la mobilité demande ainsi une coordination renforcée entre les acteurs à l’origine des initiatives et une plus grande sensibilisation/information auprès des bénéficiaires de ces actions.

Ce constat, ajouté à l’envie de faire bouger les choses, nous a poussé à organiser les « Rencontres de la Mobilité Inclusive », journée d’échange sur les solutions durables et innovantes à mettre en place en terme de mobilité inclusive. La collaboration entre collectivités, entreprises et entreprises sociales est, en effet, essentielle pour trouver le bon modèle économique afin de construire un service de mobilité le plus pertinent et le plus efficace possible, et que les publics les plus fragiles puissent effectuer un retour à l’emploi.

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Il est primordial de rappeler que les personnes disposant de peu de ressources, en insertion et en recherche d’emploi, sont moins mobiles que la moyenne. Les structures spécialisées ont mis en avant des raisons économiques et matérielles, mais cet empêchement en mobilité peut aussi être une conséquence géographique, sociale, organisationnelle ou encore, provenir de freins à la mise en œuvre de compétences et outils nécessaires à la mobilité ou de freins psychosociaux, qui conditionnent la perception du territoire et de son usage. L’ensemble du territoire n’est pas égal face à cette problématique. Les zones rurales, les zones périurbaines et les zones urbaines sensibles (ZUS) sont particulièrement touchées.

Les catégories sociales les plus défavorisées sont donc victimes d’une « double peine » : elles habitent plus loin des lieux d’embauches potentiels que les catégories les plus aisées, et disposent de moyens de transports plus limités, ce qui ne facilite pas leur accès à l’emploi.

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Les politiques publiques d’insertion et d’accès à l’emploi ont bien pris en compte les enjeux sociaux de la mobilité. Cependant, ces politiques ont des limites. Ainsi, c’est « l’automobilité » qui est majoritairement favorisée, car vue comme un enjeu d’intégration sociale et comme un critère discriminant à l’embauche. Posséder son permis de conduire, voire un véhicule, est en effet mis en avant (garantie des capacités intellectuelles et sociales d’un candidat) et est même obligatoire pour certains postes. Les solutions alternatives (transports en commun, vélo…) sont à l’instar considérées comme peu crédibles, peu fiables ou non adaptées. Quant aux « nouveaux services à la mobilité » (autopartage, covoiturage, vélo en libre service, outils numériques…), ils restent globalement réservés aux actifs urbains.

Une personne sur deux ayant répondu à l’enquête auprès des publics a déjà dû renoncer à un travail ou à une formation pour des problèmes de mobilité. Il s’agit donc bien d’un élément clef d’insertion et d’accès à l’emploi, occasionnant renoncements ou empêchements lorsqu’il y a des difficultés.

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Pour pallier ces manques et faire bouger les lignes, l’étude a dégagé 7 principaux champs de recommandations :

  • Renforcer l’apprentissage et l’autonomie en mobilité
  • Simplifier l’aide publique à la mobilité pour l’accès ou le retour à l’emploi
  • Adopter une approche plus territorialisée du traitement des besoins
  • Mieux impliquer prescripteurs, employeurs et territoires par l’incitation
  • Mettre les nouveaux services à la mobilité au service des publics précaires
  • Reconnaître le métier des opérateurs sociaux de mobilité et renforcer leurs moyens d’action
  • Valoriser, par l’évaluation, l’impact de la mobilité dans un parcours d’insertion
  • Contribuer à la création d’un espace de réflexion et de proposition
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Le Laboratoire de la Mobilité Inclusive a été lancé par Voiture & co et TOTAL afin de répondre à la dernière recommandation de l’étude. Cet espace collaboratif, pensé comme un outil de dialogue et réflexion, vise à permettre, à terme, une meilleure compréhension des enjeux de la mobilité, de ses obstacles, et des solutions à promouvoir. La MACIF, le Pôle Emploi, la Fondation Agir contre l’Exclusion, le Secours Catholique, Renault, le Conseil Général de Mayenne et la Caisse d’Epargne ont déjà rejoint le Laboratoire.

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En conclusion, nous pensons qu’il est essentiel que chacun devienne ambassadeur de la mobilité inclusive et prouve ainsi qu’il s’agit d’un véritable enjeu de société.

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Ensemble, construisons une mobilité accessible à tous !

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Florence GILBERT,

Directrice Générale de Voiture & co

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Pour plus d’informations rendez-vous sur www.mobiliteinclusive.com.

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